la pécheresse se confirme (2)

Publié le par Petite fleur du seigneur

la pécheresse se confirme (2)

II - Ressourcement

Quelle belle journée que ce dimanche 16 septembre 2012 ! Journée de ressourcement à l’ermitage Saint Germain de Talloires pour toutes les personnes engagées dans la communauté, baptêmes, enterrement, catéchisme, liturgie, etc…

Sensations incroyables ce jour…. Bien être total entouré de bienveillance, d’amour, de respect et d’amis. J’ai très envie de vous partager cette journée. Cela peut sembler étrange puisqu’elle ne fait pas vraiment parti de mon chemin vers la confirmation mais je crois que tout est nécessaire et que le chemin de foi que j’emprunte me fait m’arrêter par moment en des lieux magnifiques et merveilleux. Dieu dans toute sa gloire et sa splendeur, m’y attend et me caresse à chaque passage.

Nous sommes partie vers 08h et j’ai eu le plaisir de voir que les 4 prêtres de notre paroisse étaient du voyage. L’église Saint Nicolas s’est trouvé un remplaçant ce jour. J’ai retrouvé Nathalie, Sandy, Chantal, Marie-Claire et beaucoup d’autres paroissiens connus ou inconnus. Après une bonne heure de route, nous voici arriver en un lieu hors du temps. Je suis étonnée parce que je m’attendais à trouver un endroit beaucoup plus grand. Une femme nous y accueille, gardienne de ces lieux, écossaise et depuis 5 années gestionnaire de cet environnement formidable. La première chose qui attire mon regard est la vue imprenable sur le lac d’Annecy. Les montagnes se dégagent en arrière plan comme pour former un cocon protecteur à ce panorama un peu irréel. Il y a quelques bancs pour profiter du cadre. Je resterais quelques minutes, sans voix, à me gorger de ce que Dieu m’offre comme un cadeau.

Nous pénétrons dans l’édifice sacré. Cette église est majestueuse et je ressens une très grande émotion parce qu’elle est très solennelle. Je m’y sens bien instantanément. Ce lieu a une histoire et cela se ressent. Je suis très sensible au rayonnement des endroits où je me trouve et cela, depuis toute petite. Mes sens sont exacerbés et j’écoute beaucoup mon intuition. Là, je suis bien et même merveilleusement bien. Les senteurs boisées du vieillissement du bois atteignent mon odorat et je respire l’histoire sans vraiment la saisir.

Je m’installe au premier banc et je caresse ce bois qui a de nombreuses gravures dues au temps. J’imagine toutes les personnes en prière qui s’y sont succédé. Mes doigts ressentent les rides du bois marqués par l’érosion des années. Elles forment le plus beau des maquillages à cette vieille demoiselle qui m’accueille : l’église.

Les Père Raymond et Ludovic procèderont aux louanges du matin, à la lecture du psaume 63 « Mon âme a soif de toi, Seigneur mon Dieu » et au chant « Bénissez le Seigneur ». La parole de Dieu viendra nous nourrir, un autre chant étancher notre soif et le notre Père, remercier le Seigneur. Démarrer une journée par un temps pour Dieu a été d’une douceur digne des plus grands palais.

Je suis une peu petite souris ce jour, mes yeux bougent dans tous les sens. Je ne veux rien rater et je pétille intérieurement d’excitation. Un paroissien viendra nous lire « la parabole des talents » et nous serons invités personnellement à la méditer et à réfléchir sur plusieurs questions : « Qu’est ce que ce texte me révèle de Dieu ?, « Qu’est-ce que je découvre du serviteur ? » « Qu’est-ce qu’il m’apprend de moi ? »

Après ce temps, nous nous réunirons par groupe de 6 personnes. Nous avons pris le temps de s’écouter en partageant ce que nous avons découvert. Quel est le talent que le Christ m’a confié ? Comment je le découvre chez moi et chez les autres ? Dans le service que j’assume, comment ai-je été transformé ? Comment ai-je grandi ? Ce partage de foi a été très fort pour moi car l’échange a été très intéressant. J’ai été très touchée de voir les interrogations des uns et des autres et de voir que chacun se débat avec ses propres doutes. Moi qui pensais toutes ces personnes fermes et sans faille, je me rends compte qu’il n’en est rien et qu’elles me ressemblent tant ! Cela a été très déculpabilisant pour moi. Nous sommes tous différents mais tous tournés vers le Seigneur !

Chaque groupe s’est isolé et nous sommes dehors. Le soleil étend ses rayons et le panorama est incroyable. Je ne peux douter à cet instant précis de la présence du Seigneur. C’est très fort. Et d’ailleurs, ce matin, j’ai remarqué cette tourterelle qui s’est posé sur le fil et qui semblait nous sourire. Mais revenons à ce partage. Chaque personne a fait une prière d’action de grâce qu’il présentera si elle le souhaite dans l’église un peu plus tard. Quelques âmes bienveillantes s’activent à dresser les tables. Il est déjà midi… Je n’ai pas vu passer l’heure.

Ce repas en pleine nature sera agréable car collégiale et dans un parfait partage entre frères. Un temps libre nous est proposé jusqu’à 14h30.

J’en profite pour me rendre au présentoir que j’ai aperçu un peu plus loin ; la Sainte Vierge et l’enfant. Quelle merveilleuse statue ! Elle semble m’accueillir et être contente de ma visite. Je repars vers l’église et j’y pénètre. J’y suis seule. Tout le monde profite du soleil. Je vais prendre quelques photos et je vais prier Marie devant sa statue. Je m’approche des reliques de Saint Germain et dans le cahier qui s’y trouve, j’écrirais ces simples mots « merci Saint Germain pour cette journée magnifique et ce partage ! ». Je repars vers la porte en me gorgeant des statues. En sortant de l’église, j’entends quelques personnes dire que la grotte plus bas est magnifique. Je m’y rends avec Nathalie. Lorsque je pénètre en ce lieu, l’émotion est palpable car Saint Germain y a passé une partie de sa vie. Il y a beaucoup de croix, de fleurs, de statue, de chapelets et un banc pour s’y recueillir. Je vais m’y asseoir mais ne m’y attarde pas. Trop de monde pour l’introspection que je voulais trouver.

14h30… en route pour la prière de l’après-midi. Nous démarrerons avec une chanson de Taizé « Jésus le Christ, lumière intérieure ». Un autre cadeau m’est offert « Psaume 22 : le bon pasteur ». C’est mon préféré. Il me fait tant de bien. La parole de Dieu (Dt 10,12) et l’oraison viendront clôturer ce beau moment.

Le temps de l’après-midi va commencer et les personnes qui le souhaitent partagent leur prière d’actions de grâce. Je resterai muette. Il restera dans le secret de mon cœur, pour mon Jésus d’amour. Après cela, le Père Raymond nous demande de réfléchir sur les trois textes du jour. Je suis choisie pour la deuxième lecture. Je me sens intimidée et c’est une première car j’ai toujours refusé de lire. Solène, que je vois souvent à la messe du vendredi soir, vient me voir et me dit « C’était super. Alors là ma belle, la prochaine fois, je te mets le texte dans les mains et tu seras obligée de lire ! ». Je souris mais je suis bien embêtée quand même. Le Père Raymond vient me voir après ce temps. « Bon ma liseuse préférée, vous lirez bien la deuxième lecture pendant l’eucharistie ». Je suis piégée et je suis obligée de répondre oui…

La messe démarre à 16h00. C’est un très grand moment parce que beaucoup de personnes présentes font partie de chorales. Les chants sont magnifiques et l’acoustique est incroyable. A la fin de chaque chant, l’écho est impressionnant. Mon cœur est à son exaltation maximale. J’irai donc lire la deuxième lecture. Cela s’est bien passé même si j’ai eu du mal à regarder l’assemblée. Dieu m’invitait depuis tellement longtemps à prendre confiance en moi. En revenant à mon banc, j’écoute l’évangile. Elle est magnifique et le prêche sera très doux à mon cœur. Il nous a juste demandé de réfléchir à ce que cette journée nous a apporté et à ce qu’on voulait en retenir. Et là, tout s’est éclairé. Je viens de me rendre compte d’une chose primordiale. Je suis une bâtisseuse au même titre que toutes les personnes présentes… avec mes talents que je dois faire fructifier sans peur et sans doute. Je dois me sentir à ma place sans me rabaisser ni me surestimer. Je n’ai pas à me sentir moins ou plus que les autres. Je suis moi, Claudine, que Dieu guide et qui me conduit où il désire que je sois. J’ai un énorme soulagement ce jour. L’eucharistie sera un grand moment. Je serais une des seules à m’agenouiller sans aucune honte… juste une dévotion sans limite et sans fin pour mon Dieu que j’aime tant. Je suis ravie de voir que je reçois un morceau de la grosse hostie qui a été sanctifiée ce jour et non une hostie déjà consacrée. Il est vrai que l’essentiel est le corps du Christ mais je prends cela comme un cadeau supplémentaire que l’on me fait. Je ferai un petit détour par la boutique afin de ramener quelques signets pour mes enfants.

Il est désormais 17h15 et nous reprendrons le car. Nathalie m’a énormément touché. Elle m’offre une carte plastifiée et je ne peux m’empêcher d’avoir les larmes aux yeux. La prière est la suivante : « Un soir, un homme rêva qu'il marchait sur la plage avec le Seigneur. Il remarqua deux paires d'empreintes. Cependant, pendant les moments les plus difficiles de sa vie, il n'y avait qu'une seule paire d'empreintes. L'homme questionna le Seigneur : "Je ne comprends pas pourquoi vous m'avez abandonné au moment où j'avais le plus besoin de vous". Le Seigneur répondit : "Durant les moments d'épreuves, lorsque tu ne voyais qu'une seule paire d'empreintes, c'est que dans ces moments difficiles, je te portais dans mes bras ». Amen... D'après Adémar de Borras. Elle m’a juste dis avoir pensé à moi en lisant cette prière. Ce qu’elle ne pouvait savoir c’est que cette prière me suit depuis déjà quelques années. Elle m’avait été offerte par une ancienne collègue. Je l’avais trouvé si belle que je l’avais imprimé sur du parchemin et encadré. Elle est dans mon couloir et je la relis souvent. Je ne peux douter que l’Esprit Saint ait inspiré mon amie. Je me sens tellement aimée de Dieu !

Nous mettrons plus de deux heures à rejoindre la vallée mais de nombreux chants viendront égayer notre retour. « Merci Seigneur pour ton amour, pour toutes ces grâces reçues ! ». Je partagerai à nouveau avec les gens de ma paroisse, j’en suis persuadée.

Ce moment de ressourcement me fait cheminer beaucoup plus sereinement parce que j’ai enfin ce sentiment d’appartenance à ma paroisse. J’y étais acceptée mais je me sentais tellement petite et si faible ! Désormais, je vais essayer d’être un peu plus vaillante et d’aider avec les moyens que Dieu me donne.

J’entame ce chemin vers la confirmation tel un pèlerin sur le chemin de Compostelle…. Dans un cœur à cœur immense avec le Christ.

... A suivre

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