Respiration

Publié le par Petite soeur du seigneur

Respiration

Je respire Hélène... Je respire Lucien... Je respire cet univers où le tabac froid cotoie le passé en devenant présent... "Les oubliés du dimanche" de Valérie Perrin... Un livre tellement rempli d'âmes qu'il en deviendrait vivant... j'ai rarement lu un livre qui me touche autant... Cette nuit, j'en ai rêvé... J'ai rêvé à Lucien... à Hélène... Tout se mélangeait... La guerre... Mémé... Simon... Je me suis demandée comment une auteure avait fait pour écrire ainsi... L'histoire d'une vie... La leur, la nôtre, la mienne... Je ne ressors pas indemne de cette lecture que je n'ai pas encore achevé... C'est comme si tout me disait... Cette histoire, c'est la tienne... Je pense à une âme soeur qui est tout sauf Lucien... Je suis tout sauf Hélène... Et pourtant, j'imagine un fil d'argent relié les êtres qui s'aiment... qui s'aimaient...

Je regarde la couverture de ce livre et les lignes courbent qui se dessinent autour de cet enfant me font penser à "Nuit étoilée" de Vincent Van Gogh.. J'ai l'impression très net que tout est lié... que chaque destin n'appartient pas à celui qui l'écrit mais à la terre toute entière... Je ressens par tous les pores de ma peau ce qu'est la vraie richesse... Je ressens aussi chaque pensée de chaque homme... C'est étrange la vie tout de même... On achète un livre de poche et l'on se trouve propulsée dans un autre monde et pris dans un tourbillon de milliers de vie... Ce livre que je lis me donne envie de pleurer, de rire, de prier, de faire l'amour, de respirer chaque parcelle d'air viscié ou plein d'amour... Ce livre est là pour moi... Je ne comprend pas pourquoi il est venu à ma rencontre....

On ne ressort pas indemne d'une telle lecture... Je prend ce livre dans ma main, je le caresse et dans cet caresse se cache tout l'amour que j'ai pour moi, pour eux, pour nous, pour toi mon ange... J'ai fumé une cigarette qui m'a rendu malade et j'ai respiré ce tabac froid d'un café d'une autre époque... Je me suis dis qu'il était temps d'arrêter de me cacher dans une simple cigarette et qu'il était temps de ne plus souffler sur les braises... Il est l'heure d'allumer un grand feu... un feu de joie... non pas celui de "Fahrenheit 51" mais un feu brûlant d'amour... un brasier ardent... celui de mon coeur... C'est comme si cette lecture avait réveillé mon coeur... Alors pourquoi cette tristesse ? Je ne sais pas... Je pense à Justine, qui raconte l'histoire d'Hélène et de Lucien.... Je pense à Rose... leur enfant ou plutôt l'enfant de Lucien... Je pense à ma Rose à moi qui est partie depuis longtemps rejoindre les anges... Ma rose qui n'a jamais vécu que l'espace d'un mois au centre de mon utérus mais à jamais dans mon coeur... J'ai mis longtemps à la laisser voler ma Rose...

J'ai peur de finir la lecture... J'ai envie qu'elle ne finisse jamais... Un peu comme si cet univers n'existait que parce que je lui donnais vie... J'hésite... je décide de ne rien décider... Il reste également 84 pages à lire sur les 409 existantes... Je pense à Hélène qui ne savait lire que le braille et qui n'arrivait pas à déchiffrer une simple phrase... Je pense à ces trésors de mots qui rejoignent chaque coeur et chaque âme à chaque lecture... Je pense à ce simple texte que je jette sur l'écran en jouant aux claquettes sur mon clavier... Je pense à l'écriture que j'avais tant délaissé et pourtant qui m'appartient parce qu'elle est une partie de ce coeur profond qui rejoint le coeur de DIeu....

Je suis dans une tristesse douce et heureuse... un peu comme une enfant qui après avoir souffert se retrouve consolé de ses tourments... Je souris intérieurement... Je dois être Hélène, Valérie, Lucien, Rose et tellement plus encore... Je dois être Claudine.... une vie à vivre... à 50 ans.... une demi vie à vivre encore... Je suis heureuse ce matin.... parce que la vie est encore là... tristesse et bonheur se cotoie... visible et invisible... la lune et le soleil... les étoiles... mon étoile qui brille toujours dans le ciel... Merci à Valérie pour ce qu'elle a éveillé en moi que je ne comprend pas.... Je vais garder 84 pages de cette lecture pour plus tard...lorsque je serais capable de dire au revoir au passé... bientôt....

Divinement vôtre...;

Claudine MERMET-PEROZ

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