Vision
Quelques mètres nous séparent... une vitrine... je te regarde... lire les nouvelles fraîches de ce jour... moi dans l'humidité de ce dehors qui suinte les larmes du christ et toi, le regard concentré sur le journal.... Ton blouson d'un bleu turquoise posé négligemment sur la chaise d'à côté semble inviter au repos... j'ai mis aussi mon blouson... bleu également... Les mains dans les poches, je t'observe... derrière la vitrine... Lèveras-tu les yeux ? Je reste là... 1 mn... dans l'éternité... et ma présence semble être encore une fois le fruit d'un rêve... Alors, je me dis.... Laissons le à sa quiétude d'un bon café chaud et d'un intérieur qui sent bon le pain frais et les viennoiseries... Il fleure la France dans cette ville semi-endormie... Je repas vers la voiture... Les yeux un peu plus humides... Le coeur un peu plus lourd d'un ailleurs que je n'atteint pas.... tu n'auras pas levé les yeux à ton moment présent, à ton coeur amoureux de ce ciel si beau où rien ne semble atteindre le lac de tranquillité....
Ce matin, alors que mes yeux endormis se levaient au regard du jour, je n'avais aucune interrogation que cette couche chaude qui avait épousée la forme de ce corps trop grand pour moi. Et pourtant, en l'espace de 5 secondes d'éternité, tout est remonté... non pas avec force mais insidieusement comme un vers dans la pomme qui ronge et se gorge de ce nectar trop sucré...
Une autre vitrine... virtuel cette fois ci... où ma présence laisse une trace ou une caresse dans un lieu peut être un peu trop personnel pour moi... Toi aussi, mon autre, tu es passée sur cette page... et ton regard a glissé sur moi sans s'arrêter un court instant... Inexistence et pathétique passage d'une petite fleur qui croyait quoi ? être comme l'enfant prodigue ? Le passé ne se reconstruit pas... et ne reviendra pas fleurir mon quotidien... Les yeux aussi un peu humides que de voir que mon égo a cru.... Et dans l'inconscient, je m'étais dis : tu partageras ton bel article et on t'acclamera... On se dira... Mon Dieu, comme elle a avancé et comme elle est belle ! Je n'ai plus de miroir que moi-même et n'est-ce pas en soit le plus beau des miroirs ?
Le tanins de ce miroir exalte les larmes du Christ... L'ai-je donc fais pleurer si souvent ? Seigneur, toi seul sait...; et toi seul peut m'aimer comme j'aimerai que l'on m'aime... Quelques fois, je me dis "peut être bien que tu te crois aimée parce que Dieu ne dit rien... Et si en fait, tu lui étais indifférente ?".... cette pensée filante ne m'atteint pas car je sais... au fonds je sais... que quoi qu'il se passe dans ma vie, je resterai une pensée de Dieu, son expérience et sa fille bien aimée... Je suis aimée... passionnément... doucement... oui... je me sais aimée et Dieu seule devrait me suffire...
Les cernes se creusent sur le passage de l'eau du Christ.... qui inondent ce visage ni vraiment beau... ni vraiment laid... On m'a dit... "tu as son regard... le regard d'une sainte claire du cinéma".... Alors je me dis que l'âme est beaucoup plus jolie que la plus belle des fleurs...
Je me revois... moi dehors.... et toi dedans... C'est l'histoire de ma vie... J'avais le choix... mais je n'ai pas voulu déranger ta quiétude de ton instant parce que je sais... au fonds, je sais... que ce n'était qu'une pensée filante.... J'aurai du regarder ce trésor entouré de ce papier de soie et me dire que quoi qu'il contienne, il était le plus beau des trésors... Il ne m'appartient pas... tout appartient à Dieu...
Alors d'une caresse de ma main délicate, je referme ce trésor.... et je remet le ruban doré autour.... Pour le laisser s'endormir... dans sa paix intérieure...
Divinement vôtre